
Au Togo, les autorités forestières insistent désormais sur une réalité essentielle : planter un arbre ne suffit pas. La réussite de la campagne nationale de reboisement dépend surtout de la capacité à assurer le suivi et l’entretien des jeunes plants après leur mise en terre.
« Planter sans entretenir, c’est gaspiller l’effort de toute une communauté », rappellent les responsables du programme national de reboisement.
Pour renforcer l’efficacité des plantations, un dispositif de suivi a été mis en place à trois niveaux. Sur le terrain, les Directeurs préfectoraux supervisent les opérations locales. Les Directeurs régionaux assurent la coordination à l’échelle des régions, tandis que la Direction des ressources forestières veille au suivi global de la campagne à l’échelle nationale.
Parmi les principales menaces identifiées, les feux de brousse demeurent le défi majeur, particulièrement dans les régions de la Kara, des Savanes et du Centre où les incendies détruisent chaque année d’importantes superficies végétales.
Entretenir pour protéger l’avenir
Afin de limiter ces risques, plusieurs mesures préventives sont prévues. Les autorités recommandent notamment la mise en place de pare-feux autour des plantations dès le mois d’octobre. Des feux précoces contrôlés doivent également être réalisés avant la période de l’harmattan afin de réduire la quantité de végétation sèche susceptible d’alimenter les incendies.
Les comités villageois de lutte contre les feux seront par ailleurs renforcés afin d’impliquer davantage les communautés locales dans la protection des plantations.
Sur le terrain, les populations sont également sensibilisées à plusieurs gestes simples mais essentiels pour assurer la survie des jeunes plants.
Dans les régions du nord notamment, les animaux en divagation représentent une menace importante. Cabris, moutons et bovins détruisent régulièrement les jeunes arbres avant leur croissance. Les techniciens recommandent donc l’installation de petites clôtures faites de branchages épineux autour des plants. L’utilisation d’Acacia ataxacantha, communément appelé « acacia épineux », est particulièrement encouragée en raison de son efficacité et de son faible coût.
Les feux tardifs de la saison sèche, généralement observés entre janvier et mars, constituent également un danger majeur. Selon les spécialistes, une flamme progressant à seulement cinq kilomètres par heure peut détruire en vingt minutes une année entière de travail de reboisement. D’où l’importance de réaliser les pare-feux avant le mois de novembre.
L’harmattan représente une autre difficulté pour les jeunes plants dans les régions septentrionales. Les vents secs favorisent le dessèchement rapide des arbres récemment plantés. Pour limiter ces effets, les agents forestiers recommandent la pratique du paillage autour des plants afin de conserver l’humidité du sol.
Enfin, les autorités attirent l’attention sur la prolifération du Chromolaena odorata, plus connu sous le nom d’ « herbe de Siam ». Cette plante envahissante, très répandue au Togo, étouffe rapidement les jeunes arbres si elle n’est pas régulièrement éliminée. Les populations sont donc invitées à désherber chaque mois un rayon d’au moins un mètre autour des plants durant les premiers mois de croissance.
À travers ces différentes mesures, les responsables de la campagne veulent faire comprendre que le succès du reboisement repose autant sur l’entretien quotidien des arbres que sur leur plantation.
« Un plant entretenu vaut mieux que dix plants abandonnés. Prendre soin d’un arbre, c’est prendre soin de sa famille », rappelle la communication officielle de la campagne nationale de reboisement.




