
Au Togo, la campagne nationale de reboisement 2026 s’annonce comme l’une des plus ambitieuses jamais organisées dans le pays. Les autorités annoncent des objectifs en hausse, soutenus par une importante disponibilité foncière et une stratégie de plantation adaptée aux réalités écologiques des différentes régions du pays.
Selon les données issues du recensement préparatoire, le Togo dispose désormais de 116 565 hectares mobilisables pour les opérations de reboisement, soit une superficie largement supérieure à la cible nationale annuelle fixée à 67 000 hectares.
Pour l’édition 2026, les prévisions tablent sur la mise en terre de 16 876 152 plants couvrant environ 11 250 hectares à travers les cinq grandes zones écologiques du pays.
Une stratégie adaptée aux réalités régionales
Les autorités expliquent que le choix des espèces végétales répond à une logique d’adaptation climatique et environnementale propre à chaque région afin d’assurer un meilleur taux de survie des plants et une restauration durable des écosystèmes.
Dans la zone côtière et Maritime, notamment à Lomé, Aného et Tabligbo, les opérations de plantation porteront principalement sur les filaos, les cocotiers, les palmiers à huile ainsi que les manguiers. L’objectif est avant tout de renforcer la lutte contre l’érosion côtière qui menace plusieurs localités du littoral togolais.
Dans la région des Plateaux, couvrant notamment Atakpamé, Kpalimé et Badou, les autorités privilégient le teck, le caïlcédrat ainsi que les cacaoyers sous ombrage. Cette zone, autrefois fortement boisée, fait aujourd’hui partie des espaces forestiers dégradés nécessitant une restauration progressive.
Au niveau de la région Centrale, notamment à Sokodé, Tchamba et Sotouboua, les plantations concerneront principalement le néem, l’acacia, le karié et le teck. Cette zone de transition entre forêt et savane reste particulièrement exposée aux feux de brousse récurrents.
Dans la région de la Kara, autour de Kara, Bassar et Niamtougou, l’accent sera mis sur le karié, le néem et le baobab afin de préserver et enrichir les savanes arborées déjà fragilisées par la pression humaine et climatique.
Enfin, dans la région des Savanes, notamment à Dapaong et Mango, les espèces retenues seront essentiellement l’acacia, le baobab et le néem. Cette partie du pays est considérée comme la plus vulnérable à la désertification et aux effets du changement climatique.
Les responsables de la campagne rappellent que l’efficacité du reboisement dépend non seulement du nombre de plants mis en terre, mais surtout du choix des espèces adaptées aux réalités locales et de l’entretien des jeunes plants après leur plantation.
À travers cette approche différenciée selon les zones écologiques, les autorités togolaises espèrent renforcer durablement le couvert végétal national tout en protégeant les terres agricoles, les ressources en eau et les populations exposées aux conséquences de la dégradation environnementale.




