Avocat, défenseur des droits humains et homme politique, Me Jean Yaovi Dégli a certainement échappé à un empoisonnement pouvant entrainer son décès l’année dernière à son domicile. De même que sa famille et son gardien. Par communiqué en date du 08 Juin 2026, l’ancien ministre a fait savoir que le 8 novembre 2025, un drone s’est introduit dans sa résidence sise au quartier Kligue Kondji à Kpalimé. L’appareil a déversé du poison sous forme de poudre blanche aussi bien sur des bacs à poissons que sur les noix de palmes, les fougères et les spadices qui les couvrent. Cette action du drone a entraîné la mort de « plus de 1300 poissons » ainsi que d’autres animaux de la résidence les jours et semaines suivants.
Informé de la situation par son gardien, le Président du Mouvement « Bâtir le Togo », Me Jean Yaovi Déglié a déposé une plainte verbale le même jour auprès du Parquet de Kpalimé. A son tour, le Parquet a saisi les forces de l’ordre et la police judiciaire qui se sont rendues sur place.
Pour confirmer sa plainte orale du 8 novembre 2025, l’avocat a déposé une plainte écrite le 10 novembre 2025 en fournissant tous les éléments (poissons morts, sachet de poison tombé dans la résidence, photos et enregistrements vidéo, noix de palmes, fougères et spadices couverts du poison, etc.) ainsi que d’autres indices qui doivent permettre de « faciliter les enquêtes policières et judiciaires ». « Ayant reçu quelques temps auparavant des informations assez précises sur les menaces contre ma personne et la préparation d’actes de représailles et de règlement de compte contre ma personne à cause de mes prises de position sur les problèmes de quartiers et de cantons à Kpalimé, j’ai personnellement pu donner des noms de certains suspects. Ce sont d’ailleurs ces informations portées à ma connaissance quelques semaines avant qui m’ont amené à prendre des dispositions préventives et notamment à courir certains des bacs à poissons et d’abris d’animaux », a souligné Me Dégli.
Plainte en deux procédures
Selon le Président du Mouvement « Bâtir le Togo », les personnes suspectées de cet odieux acte sont de deux catégories. De simples citoyens qui peuvent être poursuivies dans le cadre de procédure judiciaire habituelle et des responsables politico-administratifs qui bénéficient d’une immunité de juridiction et qui ne peuvent donc être poursuivies qu’après la levée de leur immunité.
Raison pour laquelle l’Avocat a divisé sa plainte en deux procédures distinctes : l’une contre des citoyens ordinaires et l’autre contre des responsables politico-administratifs jouissant d’une immunité de juridiction.
Un véritable guêpier
Sept mois après cette affaire « où le mode opératoire digne du grand banditisme et des films de fiction », Me Dégli a brisé le silence face à l’inertie de la justice. « Hélas, le silence qu’il m’a été demandé de garder pour faciliter les enquêtes est devenu aujourd’hui un véritable guêpier », a-t-il exprimé.
Règlement de compte, déni de justice, obstruction
Dans cette affaire, l’Avocat voit les mains des acteurs politiques et judiciaires qui en veulent à sa personne et qui pensent profiter de cette affaire pour régler des comptes personnels. Pour lui, ces acteurs qui veulent « protéger les malfrats ont décidé d’étouffer l’affaire » et de le faire « subir un déni de justice ». « Certains ont d’ailleurs déjà bloqué ou tenté de bloquer d’autres procédures ou d’autres saisines d’autres institutions dans l’intérêt de mes clients ou des membres de ma communauté », a-t-il témoigné.
Ainsi, Me Jean Yaovi Dégli a fait savoir que depuis le début de la procédure, « tous les actes émis et destinés aux divers services de l’Etat qui doivent conduire les enquêtes sont systématiquement bloqués par le canal ou la voie hiérarchique qui doit les leur faire parvenir ».
Pire, a-t-il révélé, dès qu’il a plus tard, déposé la deuxième plainte contre les personnes suspectées mais bénéficiant d’une immunité de juridiction, « au lieu que la procédure permettant la levée de leur immunité soit enclenchée en vue de permettre l’ouverture des enquêtes à leur encontre, il a plutôt été demandé au rouage de la justice en charge de la première plainte se déclarer incompétent ».
Or en matière judiciaire, l’avocat a rappelé qu’ « il ne peut jamais être demandé à une juridiction ou à un magistrat de décliner sa compétence tant qu’une juridiction n’est pas saisie de la même affaire ou qu’on ne lui indique pas la juridiction compétente qui doit se saisir de l’affaire ».
Disparition mystérieuse des échantillons prélevés des poissons tués
Plus de sept (07) mois après la survenance de ces événements graves et la saisine de la justice, aucune enquête n’a été menée. « Même les analyses d’échantillons de poissons prélevés et du poison utilisé n’ont pas été faites. Pire, on vient de nous informer que les échantillons qui ont été prélevées à deux dates différentes des poissons tués et des produits consommables (noix de palmes, fougères et spadices) souillés par le poison ont disparu comme par enchantement », a révélé Me Dégli.
Pour l’ancien ministre de la Transition, pendant qu’un flou kafkaïen autour l’affaire au niveau de la justice, « les autres preuves s’effritent, les malfrats se promènent et des animaux continuent de mourir dans ma résidence où la vie du gardien et de sa famille, la mienne et celle de mes proches sont constamment menacées et nous empêchent de pouvoir jouir sereinement des lieux ».
A l’occasion, il a jugé inadmissible que « des personnes censées protéger les citoyens et/ou faire appliquer la loi se servent de leur position pour violer les droits des citoyens ».
Par ailleurs, l’Avocat a protesté contre cette situation et demandé que ses droits de citoyens togolais et plus particulièrement son droit à la justice « soit respecté ».
Mise en garde
Dépassé par la situation, Me Jean Yaovi Dégli se réserve le droit, dans les jours à venir, d’ « engager diverses actions et de donner plus de détails sur les noms des diverses personnes impliquées dans cette machination dont je prends ici les plus hautes autorités togolaises, le peuple togolais et la communauté internationale à témoin ».




