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Mécanisation agricole : la révolution des machines qui redonne espoir aux campagnes togolaises

Pendant des décennies, cultiver la terre au Togo rimait avec effort physique, longues journées de labeur et faible rendement. La houe, la daba et la force des bras constituaient les principaux outils de milliers de producteurs. Cette réalité est en train de changer progressivement. Au cœur de la stratégie gouvernementale de modernisation agricole, la mécanisation apparaît aujourd’hui comme l’un des leviers les plus puissants pour accroître la production, améliorer les conditions de travail et attirer une nouvelle génération vers les métiers agricoles.

 

La transformation est visible dans plusieurs régions du pays. Les tracteurs remplacent progressivement les travaux manuels les plus pénibles, les motoculteurs accélèrent la préparation des sols tandis que les moissonneuses et autres équipements spécialisés réduisent considérablement les délais de récolte. Cette évolution ne se limite pas à l’introduction de nouvelles machines. Elle traduit un changement profond dans la manière de concevoir l’agriculture togolaise.
Conscient que l’augmentation de la productivité passe aussi par la modernisation des exploitations, le gouvernement a inscrit la mécanisation parmi les priorités de la Feuille de route 2020-2025. Cette orientation répond à plusieurs défis majeurs : le manque de main-d’œuvre agricole, la faible rentabilité des exploitations, les difficultés de préparation des terres et surtout la nécessité de produire davantage sur des superficies limitées.
Pour accompagner cette dynamique, des investissements importants ont été réalisés dans l’acquisition de matériels agricoles modernes. Plus de 400 tracteurs ont progressivement été introduits afin de renforcer les capacités des exploitants. Ces équipements permettent désormais d’effectuer en quelques heures des travaux qui exigeaient auparavant plusieurs jours d’efforts.
« Ll’état a nous a envoyé le bulldozer qui était venu dessoucher sur nos terrains. Et après dessouchage, il a envoyé des tracteurs pour labourer et nous avons partagé la terre et nos activités champêtres ont commencé » a témoigné Luc Messetchan, Président de la ZAAP de Momé Hagou dans le Vo.
A Komla Agbélémawussi DZAKA, Producteur de riz dans les périmètres de Mission Tové de renchérir : « Ils ont fait une réhabilitation sur 360 hectares. C’était l’ancien périmètre qui a été vraiment délabré qu’on a remis en exploitation. Au niveau de l’aménagement de 300 hectares, ça a été dessouchage, décapage, canalisation, désenclavement et sous-solage. Des lignes qui ont été facilitées dans nos activités c’est le convoiement des produits des zones de production vers l’espace de séchage ou vers les usines. On a aussi la facilité au niveau du séchage. En dehors de ça, on a les intrants, on a une visibilité sur nos produits. »
Mais la réussite d’une politique de mécanisation ne repose pas uniquement sur l’achat de machines. Encore faut-il organiser leur utilisation et assurer leur entretien. C’est dans cette logique que le gouvernement a lancé la création des Centres Régionaux de Mécanisation Agricole (CRMA). Les premiers centres pilotes de Tchitchao, dans la région de la Kara, et de Kpalimé, dans les Plateaux Ouest, constituent aujourd’hui les premières pierres d’un réseau appelé à couvrir progressivement l’ensemble des régions agricoles.
Ces centres ne se limitent pas à la location d’équipements. Ils assurent également la maintenance des engins, la formation des utilisateurs et l’accompagnement technique des producteurs. Ils deviennent ainsi de véritables plateformes de services destinées à professionnaliser durablement le secteur.
Autour de ces infrastructures se développe progressivement un tissu d’entreprises locales spécialisées dans les travaux agricoles mécanisés. Les futures Entreprises Cantonales de Travaux Mécanisés (ECTM) permettront aux producteurs d’accéder plus facilement aux prestations sans avoir à investir eux-mêmes dans du matériel coûteux.
L’un des effets les plus remarquables de cette modernisation concerne la jeunesse rurale. Pendant longtemps, de nombreux jeunes quittaient les campagnes, jugeant l’agriculture trop pénible et peu rémunératrice. L’arrivée des équipements modernes change progressivement cette perception. De nouveaux métiers apparaissent autour de la conduite des tracteurs, de la maintenance des machines agricoles, de la gestion des prestations mécanisées ou encore de la formation technique.
Cette nouvelle économie rurale crée ainsi des emplois qualifiés qui contribuent à limiter l’exode vers les centres urbains. Plus de 300 tractoristes ont déjà été formés à la conduite et à la maintenance des équipements, illustrant la volonté de bâtir une véritable expertise nationale dans ce domaine.

La mécanisation bénéficie également aux femmes, très présentes dans les activités agricoles. La réduction de la pénibilité des travaux leur permet de consacrer davantage de temps à d’autres activités génératrices de revenus, à la transformation des produits ou encore à la gestion de leurs exploitations.
Cette dynamique s’accompagne d’une diversification progressive des équipements mis à la disposition des producteurs. Motoculteurs, batteuses-vanneuses, moissonneuses, chaînes complètes de rizerie viennent compléter les tracteurs afin de couvrir l’ensemble des étapes de la production agricole.
L’objectif poursuivi par les autorités dépasse largement la seule augmentation des rendements. Il s’agit également d’améliorer la compétitivité des filières agricoles togolaises, de réduire les coûts de production et de rendre les produits nationaux plus compétitifs sur les marchés.
La poursuite de la construction des quatre autres Centres Régionaux de Mécanisation Agricole devrait renforcer cette dynamique dans les prochaines années. Associée aux Zones d’Aménagement Agricole Planifié, à l’irrigation, aux semences améliorées et à la recherche agricole, la mécanisation constitue désormais l’un des piliers de la transformation structurelle engagée dans le secteur.
Plus qu’une simple évolution technique, cette révolution mécanique redéfinit progressivement le métier d’agriculteur. Elle fait émerger une agriculture plus performante, plus attractive et mieux préparée aux exigences d’une économie moderne. Pour le Togo, investir dans les machines revient désormais à investir dans l’avenir de ses campagnes.

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