
Après plusieurs mois voire quelques années de discussions parfois houleuses, les partenaires sociaux du monde du travail au Togo ont parvenu à trouver un accord afin de sauvegarder de bonnes relations professionnelles. Dans ce cadre, la Convention collective interprofessionnelle a été signée le jeudi 30 avril 2026 à Lomé, entre le patronat et les syndicats, au siège du Conseil national du patronat (CNP-Togo) à Lomé.

Le processus qui a abouti à la signature de la Convention collective interprofessionnelle du Togo (CCIT) le jeudi 30 avril 2026 s’inscrit dans la révision de la Convention Collective Interprofessionnelle de 2011. Une Convention qui a longtemps constitué un socle essentiel pour l’organisation des relations de travail au Togo.
Cependant, les mutations profondes du monde du travail, les transformations économiques et les attentes nouvelles des travailleurs comme des employeurs, ainsi que l’adoption du nouveau code du travail, ont rendu nécessaire une adaptation de ce cadre.
Conscients de cette réalité, les partenaires sociaux ont accepté de rouvrir les discussions, dans un climat de responsabilité et de confiance mutuelle.
Entamées depuis novembre 2023 entre les organisations syndicales des employeurs et celles des travailleurs, des négociations pour parvenir à un accord ont pris fin avec la signature de la Convention collective interprofessionnelle.
Cet accord est le fruit d’un dialogue social constructif, d’un engagement partagé, et d’une volonté commune de bâtir un environnement de travail plus juste, plus stable et plus compétitif.
Selon le Président du Conseil national du patronat (CNP-Togo), Coami Sedolo Tamegnon, le dialogue social demeure, en effet, un outil fondamental de régulation des relations professionnelles. « Il permet d’anticiper les tensions, de gérer les divergences et de construire des solutions équilibrées et durables ».
A cet égard, il a lancé un appel à l’ensemble des entreprises : « cette Convention doit être connue, comprise et pleinement appliquée ».
Par ailleurs, M. Tamegnon a rassuré que son organisation patronale veillera à en assurer une diffusion large ainsi qu’une appropriation effective par les entreprises.
« En tant qu’organisation patronale, nous sommes pleinement conscients que la performance économique de nos entreprises est indissociable du bien-être des travailleurs. Il ne peut y avoir de croissance durable sans paix sociale, sans sécurité juridique et sans conditions de travail décentes », a-t-il déclaré.
Le Négociateur Principal des travailleurs, Awoula Yati Baba s’est réjoui de la fin des négociations entamées depuis novembre 2023 entre les employeurs et les employés.
Cependant, il a rappelé que ce qui tient à cœur aux travailleurs togolais, « c’est la bonne application de cette nouvelle convention qui n’est qu’un minima et que les formations sectorielles peuvent aller au-delà ».
Le Négociateur principal des travailleurs a vivement souhaité que « le patronat initie une campagne de sensibilisation pour ne pas que cette Convention soit interprétée ». Pour lui, la nouvelle Convention collective interprofessionnelle même a prévu « un cadre de discussion » et lorsqu’il y a des difficultés, ils vont utiliser ce cadre pour « trouver des solutions ».
De son côté, le Négociateur principal des employeurs, Claude Adoté Akouété-Akué a estimé qu’ils doivent utiliser ce document pour la postérité afin que « l’ambiance, l’animation qu’il y aura sur les lieux de travail, dans les milieux professionnels, soit une ambiance de gaieté, qui tend vers la prospérité et qui nous amène à grandir ensemble, dans un Togo que nous chérissons tous ».
Des avancées importantes et des ajustements nécessaires
La nouvelle Convention collective interprofessionnelle singée le jeudi 30 avril dernier introduit des avancées importantes et des ajustements nécessaires.
Elle renforce la lisibilité des règles applicables, améliore la sécurité juridique des relations de travail et contribue à un climat social plus apaisé.
Elle consolide les droits fondamentaux des travailleurs, tout en tenant compte des impératifs de compétitivité auxquels les entreprises sont confrontées.
Elle intègre également des préoccupations contemporaines essentielles, notamment en matière de dialogue social, de prévention des conflits, d’amélioration des conditions de travail et de valorisation du capital humain.




