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Devoir de mémoire : Il y a deux ans, une dizaine d’homosexuels tabassés et chassés de la plage de Lomé

Le dimanche 03 avril 2022, une dizaine d’homosexuels, partie dans un bar à la plage de Lomé pour passer un moment de détente entre amoureux ont été simplement tabassés, humiliés et chassés par un groupe d’individus, également présents sur les lieux. Deux ans après, jour pour jour, nous revenons sur cette scène qui prouve une fois encore que la communauté LGBT+ n’est pas la bienvenue dans la société togolaise et le gouvernement n’est pas encore prêt pour la dépénalisation de l’homosexualité.  

Arrivés à la plage de Lomé pour passer un moment de détente et de gaîté, ils ont été chassés violement par d’autres personnes présentes sur les lieux et hostiles à l’homosexualité. Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, les victimes ont été sauvées de justesse avec leurs effets ramassés à la halte.

Un acte condamné par certains acteurs de la société civile.

« Certes, les relations sexuelles contre nature sont punies par la loi conformément aux dispositions des articles 392 et 393 du nouveau code pénal togolais.

Cependant nous condamnons toutes formes de vindicte populaire exprimées à l’égard des concitoyens sur la base de leurs orientations sexuelles. Car au-delà de toutes les considérations, la vie humaine est reconnue sacrée par la constitution togolaise et par la déclaration universelle des droits de l’homme », a souligné Georges Klutse, le SG du REJADD-Togo.

L’homosexualité pénalisée au Togo

Malgré la pression, le Togo refuse  toujours de légaliser le droit des homosexuels ou lesbiennes dans le pays.  D’ailleurs, il l’a d’ailleurs réitéré  lors de son passage devant le conseil des droits de l’homme de l’ONU.

 « Pour ce qui concerne les relations sexuelles entre adultes consentants du même sexe, le Togo n’envisage pas d’abroger les dispositions qui les criminalisent. Car cette orientation sexuelle n’est pas en adéquation avec les valeurs sociales togolaises », avait déclaré le ministre des droits de l’homme, Christian Trimua devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Au Togo, l’homosexualité se vit dans la clandestinité et dans la peur au risque de faire charcuter par la société qui ne la tolère pas ou la loi qui la punit.

Le code pénal en son article 392, dispose : « Constitue un outrage aux bonnes mœurs tout acte impudique ou contre nature commis avec un individu de son sexe ».

Par ailleurs, le premier alinéa de cet article fait références aux relations entre personnes de même sexe. Cette interdiction trouve sa sanction dans l’article 393 du même code qui dispose : « Toute personne qui commet un outrage aux bonnes mœurs est punie d’une peine d’emprisonnement d’un (01) à trois (03) an(s) et d’une amende d’un million (1.000.000) à trois millions (3.000.000) de francs CFA ou de l’une de ces deux peines ».

Bref, la dépénalisation de l’homosexualité demeure un serpent de mer au Togo et l’homosexualité se vit toujours dans la clandestinité.

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