A LA UNESanté

Journée mondiale de la kinésithérapie/Personne âgée : regarder, accompagner et agir pour mieux vieillir

Le 8 septembre de chaque année, est célébrée la journée internationale de la kinésithérapie. Cette année 2026, à l’occasion de cette célébration, faisons de l’autonomie et de la dignité de nos aînés une responsabilité collective.

Vieillir est une étape naturelle de la vie. Mais vieillir ne devrait jamais signifier perdre sa place dans la société, renoncer à bouger, devenir dépendant des autres ou être progressivement isolé. Derrière chaque personne âgée se trouve une histoire, une expérience, une famille, une contribution à la société et surtout une personne qui mérite attention, respect et accompagnement.

À l’occasion de la Journée mondiale de la Kinésithérapie, célébrée le 8 septembre, un regard particulier doit être porté sur la personne âgée et sur les difficultés auxquelles elle est confrontée au quotidien. La diminution de la mobilité, la perte de force musculaire, les douleurs, la sédentarité, les troubles de l’équilibre, la peur de tomber ou encore l’isolement peuvent progressivement réduire son autonomie. Pourtant, nombre de ces situations peuvent être prévenues, retardées ou mieux prises en charge.

Bouger aujourd’hui pour mieux vivre demain

L’activité physique adaptée constitue l’un des moyens essentiels pour préserver les capacités fonctionnelles de la personne âgée. Elle ne signifie pas nécessairement pratiquer un sport intense. Marcher, se lever et s’asseoir, travailler l’équilibre, entretenir la force musculaire, mobiliser les articulations, pratiquer des exercices respiratoires ou réaliser des activités adaptées aux capacités de chacun peuvent déjà contribuer à maintenir l’autonomie.

L’objectif n’est pas de demander à la personne âgée de faire davantage que ce que son état permet, mais de lui permettre de continuer à faire ce qu’elle peut, dans les meilleures conditions possibles.

Car bouger, c’est entretenir ses muscles, préserver ses articulations, stimuler son équilibre, maintenir ses capacités cardiovasculaires et respiratoires, mais aussi conserver confiance en soi et autonomie.

L’immobilité : un risque silencieux

L’immobilité progressive est souvent banalisée. Une personne qui reste longtemps assise ou alitée perd progressivement de la force, de l’endurance et de la mobilité. Cette diminution des capacités peut entraîner un cercle vicieux : moins on bouge, plus il devient difficile de bouger ; plus il devient difficile de bouger, plus on s’immobilise.

Les conséquences peuvent être importantes : faiblesse musculaire, raideurs articulaires, douleurs, diminution de l’équilibre, perte d’autonomie, complications liées au décubitus et augmentation du risque de dépendance.

Prévenir les troubles de l’immobilité, c’est donc agir avant que la perte d’autonomie ne s’installe.

La chute n’est pas une fatalité

Chez la personne âgée, la chute peut avoir des conséquences physiques, psychologiques et sociales considérables. Une fracture, une hospitalisation ou une perte de confiance peuvent entraîner une diminution supplémentaire des déplacements et parfois une véritable peur de marcher.

La prévention des chutes doit donc dépasser la seule question de l’équilibre. Elle implique le renforcement musculaire, le travail de la marche, l’entraînement de l’équilibre, l’adaptation de l’environnement, l’identification des facteurs de risque et l’éducation de la personne et de son entourage.

Prévenir une chute, c’est préserver une autonomie. Préserver une autonomie, c’est protéger une qualité de vie.

Toute la société doit regarder autrement la personne âgée

La personne âgée ne doit pas être considérée uniquement à travers ses fragilités ou ses maladies. Elle doit être considérée comme une personne à part entière, avec des capacités, des choix, des besoins et des projets.

La famille a un rôle essentiel dans l’encouragement à la mobilité et dans l’accompagnement quotidien. Les professionnels de santé doivent travailler ensemble pour prévenir la dépendance et favoriser l’autonomie. Les collectivités doivent penser des espaces publics accessibles et sécurisés. Les communautés doivent lutter contre l’isolement. Les architectes et les responsables de l’habitat doivent intégrer les besoins liés au vieillissement. Les pouvoirs publics doivent développer des politiques favorisant le vieillissement actif et en bonne santé.

Même les gestes les plus simples comptent : accompagner une personne âgée pour une promenade, l’encourager à se déplacer, sécuriser son environnement, l’écouter, respecter son rythme ou simplement être présent.

Regarder la personne âgée, c’est déjà commencer à prendre soin d’elle. Être à ses côtés, c’est lui rappeler qu’elle compte.

Le kinésithérapeute, un acteur majeur du vieillissement actif

Dans cette dynamique, le kinésithérapeute occupe une place centrale. Son intervention ne se limite pas à rééduquer après une maladie, une opération ou une chute. Il est également un acteur de prévention, d’éducation, de maintien des capacités fonctionnelles et de promotion de l’activité physique.

Grâce à une évaluation individualisée, le kinésithérapeute peut identifier les déficits de force, de mobilité, d’équilibre, de coordination ou d’endurance et proposer un programme adapté aux capacités et aux objectifs de la personne âgée. Il peut accompagner la reprise ou le maintien de la marche, travailler l’équilibre et les transferts, renforcer la musculature, prévenir les conséquences de l’immobilité, participer à la prévention des chutes et conseiller la personne et son entourage.

Son rôle s’étend également à l’adaptation des exercices et de l’environnement aux réalités de chaque personne : domicile, résidence, structure de soins, espace communautaire ou activité physique de groupe.

Mais surtout, le kinésithérapeute doit contribuer à changer le regard porté sur le vieillissement. Il ne s’agit pas seulement de traiter une incapacité, mais de rechercher avec la personne âgée ce qu’elle peut encore faire, ce qu’elle souhaite continuer à faire et comment lui permettre de le faire en toute sécurité.

La kinésithérapie devient ainsi un véritable outil d’autonomie : prévenir plutôt que subir, maintenir plutôt que perdre, accompagner plutôt qu’abandonner.

Une responsabilité qui nous concerne tous

La question de la personne âgée ne peut être laissée aux seuls professionnels de santé. Elle concerne chacun d’entre nous. Aujourd’hui, nous accompagnons nos parents et nos grands-parents. Demain, nous serons peut-être ceux qui auront besoin d’être accompagnés.

Il est donc temps de construire une société qui ne se contente pas de vivre plus longtemps, mais qui permet de vivre plus longtemps dans les meilleures conditions possibles.

À l’occasion de cette Journée mondiale de la Kinésithérapie, adressons un message simple à tous : regardons nos aînés, écoutons-les, accompagnons-les et aidons-les à rester acteurs de leur propre vie.

Parce qu’une personne âgée n’est pas un poids.

Elle est une richesse.

Et prendre soin de cette richesse est l’affaire de toute la société.

Kossi ODAH, Kinésithérapeute

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page