Société

Orientation sexuelle, menaces : Après le décès de son compagnon, Dieudonné Koffi Aziadomé contraint de fuir pour sauver sa vie

Au Togo, où l’homosexualité demeure socialement condamnée et pénalement répréhensible, de nouvelles révélations mettent en lumière le cas préoccupant de Dieudonné Koffi Aziadomé, un jeune Togolais contraint de fuir son pays pour sauver sa vie. Son histoire, où s’entremêlent orientation sexuelle, décès, menaces, accusations et tensions familiales, illustre le sort de nombreuses personnes forcées de vivre leur identité dans la peur et le silence. Elle illustre les difficultés rencontrées par la communauté LGBTQ dans un pays où le cadre légal et social reste rigide. 

Des rues de Lomé à l’exil forcé pour sauver sa vie. Très jeune, Dieudonné Koffi Aziadomé a quitté le Togo en novembre 2025, selon les informations. Au centre de son départ : le décès de son compagnon, des accusations familiales et des menaces.

Titulaire d’un BAC A4, d’une formation en informatique et marketing, et la musique comme passion. Aujourd’hui, Dieudonné Koffi Aziadomé vit hors du Togo, d’après nos enquêtes menées.

Le parcours du jeune Dieudonné a basculé en l’espace de quelques mois. D’après les témoignages de proches et de membres de sa famille recueillis par notre rédaction, tout serait parti d’une relation amoureuse tenue secrète.

Une rencontre et un secret lourd à porter

C’est par la musique qu’il aurait rencontré Rivaldo Goka. Deux jeunes hommes qui partageaient la même passion. Selon le récit de Dieudonné rapporté par son entourage, une relation amoureuse se serait nouée entre eux. Une relation que les deux auraient choisi de garder discrète en raison du contexte légal, familial et social togolais.

En mai 2025, des doutes s’installent. Dieudonné découvre des échanges qui laissent penser que son compagnon aurait une autre relation. Il décide de mettre un terme à leur liaison, malgré les tentatives de réconciliation.

Le drame du 11 juillet et l’escalade

Le 11 juillet 2025, le téléphone sonne. La mère de Rivaldo annonce à Dieudonné le décès de son fils dans un accident de circulation à Noépé. Selon un témoignage familial, le jeune homme aurait eu un accident de moto.

Le même jour, en consultant le téléphone de son fils, la mère de Rivaldo aurait découvert les échanges entre les deux jeunes. Elle aurait alors tenu Dieudonné pour responsable et proféré des menaces à son encontre.

Craignant pour sa sécurité, Dieudonné quitte le domicile familial pour se réfugier chez sa grand-mère. Une plainte serait déposée. Les recherches et les pressions s’intensifient.

Une sécurité menacée, un exil forcé

De nos investigations, il ressort qu’en octobre 2025, la confrontation entre les deux familles tourne au drame. Lors d’une altercation au domicile des parents de Dieudonné, sa mère est grièvement blessée. Malheureusement, elle succombera à ses blessures à l’hôpital.

Des menaces sur menaces, Dieudonné craignant pour sa sécurité, trouva refuge chez sa grand-mère. Mais les recherches des parents de Rivaldo avec la collaboration d’un agent de sécurité ont permis de le localiser. A en croire une proche parent, « un agent de la police est venu dans la maison pour poser des questions sur là où se trouve Dieudonné ».

Ainsi face à l’escalade et aux menaces, le père de Dieudonné, désormais veuf, prend une décision radicale : éloigner son fils du pays. Ainsi, d’après les informations, en novembre 2025, le jeune homme est exfiltré du Togo vers une destination tenue secrète.

« Il ne s’agissait plus de morale. Il s’agissait de sauver une vie », confie un proche de la famille.

Un cas qui renvoie au débat sociétal

L’histoire de Dieudonné n’est pas isolée. Elle intervient dans un contexte où le Togo, lors de ses passages devant le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU dans le cadre de l’Examen Périodique Universel, a toujours réaffirmé son attachement à ses valeurs sociétales et à son cadre juridique actuel.

Pour les organisations de défense des droits humains, ce dossier pose la question de la vulnérabilité de certaines personnes et de la nécessité de mécanismes de protection et de dialogue.

Aujourd’hui, Dieudonné vit loin des siens. Son parcours, marqué par le deuil, les accusations, la perte de sa mère et les menaces, est devenu le symbole d’un exil subi plutôt que choisi.

Face à une situation devenue intenable et sans protection légale, l’homosexualité étant criminalisée au Togo, le jeune homme finit par s’enfuir pour sauver sa vie, d’après nos investigations.

Ce cas, loin d’être isolé, met en lumière la vulnérabilité des personnes LGBTQ+ au Togo, souvent contraintes à la clandestinité ou à l’exil. Ces faits sont récurrents au Togo. En témoigne le cas du jeune Aziadomé Koffi Dieudonné. Le pays, qui maintient officiellement sa position contre l’homosexualité lors des examens périodiques universels de l’ONU, peine à assurer une protection minimale aux personnes ciblées pour leur orientation sexuelle.

Le mariage du même sexe puni par la loi au Togo

Au Togo, l’homosexualité est illégale. Elle est pénalisée. L’article 392 du code pénal punit les actes sexuels entre personnes de même sexe d’une peine de 1 à 3 ans de prison et d’une amende de 1 000 000 à 3 000 000 de francs CFA, ou de l’une de ces deux peines.

L’article 392 du code Pénal du Togo, tel qu’amendé en 2015, dispose que:

« Constitue un outrage aux bonnes mœurs tout acte impudique ou contre nature commis avec un individu de son sexe ».

L’article 393 du même code Pénal dispose que:

« Toute personne qui commet un outrage aux bonnes mœurs est punie d’une peine d’emprisonnement d’un (01) à trois (03) an(s) et d’une amende d’un million (1.000.000) à trois millions (3.000.000) de francs CFA ou de l’une de ces deux peines ».

L’article 392 réprime ainsi les rapports sexuels entre personnes du même sexe, considérés comme un « acte impudique ou contre nature ». Il s’agit d’une pénalisation de l’homosexualité, entendue comme un comportement sexuel et cela sans distinction de genre.

Appel aux autorités

La montée en puissance au Togo des relations amoureuses entre des personnes du même sexe doit interpeller les autorités qui doivent sévir sans pitié. Cette pratique qui est considérée comme un « acte impudique ou contre nature » doit être punie avec la dernière rigueur dans le pays. Le gouvernement ne doit en aucun cas tolérer cette pratique qui est loin des valeurs et cultures de nos sociétés.  Elle est socialement et pénalement condamnable.

Appel aux parents

Les parents doivent surveiller de plus près leurs enfants de même que leurs amis. Ils doivent aussi savoir avec qui ils font leur compagnie afin d’éviter que leurs enfants fassent de mauvaise compagnie. Punir sévèrement les enfants qui veulent opter pour l’homosexualité qui n’est pas dans nos cultures.

Appel aux leaders religieux et d’opinion

Les leaders religieux et d’opinion ont une part de responsabilité à jouer dans la lutte contre la pratique de l’homosexualité au Togo. Ils devraient sensibiliser les jeunes à éviter d’entrer dans une relation avec des personnes du même sexe.

La Rédaction

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page