
Au Togo, l’année en cours marque déjà un tournant majeur dans le développement des infrastructures d’eau potable. Les projections relatives aux linéaires de réseaux d’adduction et de distribution d’eau potable en témoignent. Un changement d’échelle radical annoncé va redéfinir durablement l’accès à l’eau sur le territoire national.
Selon les prévisions du ministère en charge de l’Eau, 305 000 mètres de réseaux devront être réalisés en 2026 au Togo, pour un investissement global estimé à 1,3 milliard de francs CFA.
Dans le détail, la région des Plateaux concentrera 79 000 mètres pour un coût de 275 millions de francs CFA, la région de la Kara bénéficiera de 70 000 mètres pour un investissement de 675 millions de francs CFA, tandis que la région des Savanes profitera de 157 000 mètres pour un montant de 410 millions de francs CFA.
Un bond quantitatif hors norme
Pour mesurer pleinement la portée de ces chiffres, il convient de les mettre en perspective avec les réalisations antérieures. En 2024, le total des linéaires de réseaux réalisés s’élevait à 3 537 mètres. Le passage à 305 000 mètres en 2026 représente une augmentation vertigineuse d’environ 8 525 %.
Le volume de réseaux à construire serait multiplié par plus de 86 en l’espace de deux ans. Une progression d’une telle ampleur dépasse largement les rythmes habituellement observés dans le secteur des infrastructures et confirme, une fois encore, la détermination de l’État à accélérer massivement le déploiement des réseaux.
Une ambition à la hauteur des enjeux
Oui, l’objectif est ambitieux. Mais il apparaît surtout à la mesure des défis auxquels le pays est confronté. L’accès à l’eau potable ne dépend pas uniquement de la disponibilité de la ressource, mais aussi de la capacité à la transporter et à la distribuer efficacement.
Les linéaires de réseaux constituent, à cet égard, l’ossature invisible du système d’approvisionnement en eau. Sans eux, les forages, les stations de traitement ou les châteaux d’eau ne peuvent pleinement jouer leur rôle. Leur extension massive est donc une condition indispensable pour élargir la couverture et accompagner la croissance démographique.
Dans les régions des Savanes, des Plateaux et de la Kara, où les besoins restent importants, cet effort vise à combler les déficits d’infrastructures et à rapprocher l’eau des populations.
À côté de ces centaines de milliers de mètres de canalisations se dessine une transformation concrète du quotidien. Chaque tronçon de réseau posé ouvre la voie à de nouveaux branchements, à une meilleure desserte des localités et à une réduction des inégalités d’accès. L’extension des réseaux permettra ainsi de sécuriser l’approvisionnement en eau, de limiter les pertes et d’améliorer la qualité du service.
L’écart entre les 3 537 mètres réalisés en 2024 et les 305 000 mètres attendus en 2026 illustre à lui seul l’ampleur des efforts du secteur et la volonté togolaise de faire de l’eau potable un service accessible à tous, sans distinction territoriale.




