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Eau potable : voici comment le Togo prépare le grand saut vers l’accès universel

À l’horizon 2030, le Togo veut franchir un cap majeur dans l’accès à l’eau potable. Pour y parvenir, le pays mise sur une combinaison d’investissements dans les grandes villes, d’extension des réseaux, de forages, de postes d’eau autonomes et de mini-adductions. Du Grand Lomé aux zones rurales, plusieurs programmes mobilisent déjà des milliards de francs CFA et des partenaires techniques et financiers.

Le Togo s’est fixé 2030 comme échéance pour atteindre l’accès universel à l’eau potable, conformément à l’Objectif de développement durable (ODD) numéro 6 sur l’eau et l’assainissement. Cette ambition repose sur une stratégie qui combine le développement des infrastructures et la mobilisation de financements publics et extérieurs.

Le chantier est particulièrement important dans un pays où les besoins diffèrent fortement selon les territoires. Dans les grands centres urbains et les localités isolées, le gouvernement privilégie davantage des solutions adaptées aux réalités locales.

Près de 10 milliards pour le Grand Lomé

Pour améliorer l’approvisionnement en eau potable dans le Grand Lomé, le Togo investit 9,84 milliards de francs CFA dans la deuxième phase du projet AEP Lomé 2.

Il vise principalement à augmenter l’offre d’eau potable de 15 000 m3 par jour afin de mieux répondre à la croissance des besoins de la population. Il prévoit également la construction de 5 châteaux d’eau dans les zones de Zossimé, Alinka, Logoté/Sagbado, Attiégou et Dangbessito, ainsi que l’extension des réseaux de distribution.

Ces nouvelles infrastructures devraient permettre à plus de 200 000 habitants supplémentaires d’accéder à une meilleure desserte en eau potable.

Des solutions adaptées aux zones rurales

La politique d’accès universel ne concerne cependant pas uniquement Lomé et les grandes villes. Une partie de l’effort porte sur les localités rurales et semi-rurales, où la construction d’un vaste réseau centralisé peut être plus coûteuse et techniquement difficile.

C’est dans ce contexte que le programme de réalisation de postes d’eau autonomes (PEA) a été lancé en 2021, prévoyant la réalisation de 1 000 PEA dans les zones les plus reculées. Entre 2021 et 2022, 221 PEA avaient déjà été réalisés, avec plus de 120 000 bénéficiaires.

En parallèle, dans les régions des Plateaux et de la Centrale, un programme prévoit la réalisation de 17 mini-adductions d’eau potable et de 15 postes d’eau autonomes alimentés par des systèmes solaires.

Au total, 32 infrastructures dans 32 localités sont concernées, avec un financement de 2,5 milliards de francs CFA. Les mini-adductions permettent de desservir une localité à partir d’un système adapté à la taille de la population.

Les Savanes, un investissement structurant

Dans les Savanes, les investissements prennent une dimension particulière en raison des besoins importants en infrastructures hydrauliques. Un programme soutenu par l’Agence française de développement (AFD) cible notamment Dapaong, Cinkassé, Tandjouaré, Korbongou, Gando et Mandouri, ainsi que les zones semi-urbaines.

Le dispositif prévoit notamment un centre de traitement des eaux d’une capacité de 11 300 m3 par jour, auquel doivent s’ajouter des travaux d’extension et de modernisation des réseaux. À l’échelle du programme, 205 000 branchements particuliers sont prévus et environ 125 000 personnes doivent bénéficier de l’accès à l’eau à travers des bornes-fontaines.

L’objectif est donc de renforcer à la fois la production, le stockage et la distribution, afin que les investissements hydrauliques se traduisent effectivement par une amélioration de l’accès pour les ménages.

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