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Protection de l’environnement au cœur de la politique de développement et des reformes législatives au Togo

La protection de l’environnement et la promotion du développement durable s’affirment aujourd’hui comme des axes majeurs de la politique de développement du Togo. Sous l’impulsion du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, cette orientation traduit la volonté des pouvoirs publics de concilier la préservation du patrimoine naturel, la valorisation durable des ressources et les impératifs de développement économique et social. Cette ambition se traduit notamment par le renforcement du cadre législatif et institutionnel consacré à la protection de l’environnement.

C’est dans cette dynamique que l’Assemblée nationale, première chambre du Parlement, a consacré sa deuxième session de l’année, ouverte le 11 août 2026, à l’examen du projet de loi relative à la création à la gestion des aires protégées. Convoquée conformément aux dispositions de l’article 12, alinéa 3, de la Constitution de la Ve République, cette session extraordinaire constitue une nouvelle étape dans l’adaptation du droit national aux défis contemporains du développement durable.

Le projet de texte examiné témoigne de la volonté du gouvernement de consolider un environnement institutionnel plus moderne, plus cohérent et davantage adapté aux enjeux de protection du patrimoine naturel. Au titre de ces enjeux, la préservation de l’environnement occupe une place centrale, compte tenu de l’importance des écosystèmes togolais et du rôle essentiel de la biodiversité dans le bien-être des populations et dans la perspective du développement durable.

Une nouvelle étape dans la consolidation de la politique environnementale

La richesse écologique du Togo constitue un patrimoine précieux qu’il convient de préserver pour les générations présentes et futures. La protection de la biodiversité, la restauration des écosystèmes et la gestion rationnelle des ressources naturelles apparaissent ainsi comme des conditions indispensables à un développement véritablement durable.

Dans cette perspective, le projet de loi portant création et gestion des aires protégées revêt une importance particulière. Il offre au Togo, un outil juridique moderne applicable aux aires protégées qui intègre les impératifs de protection de la nature et d’utilisation durable des ressources au profit des populations.

Cette réforme répond notamment aux difficultés auxquelles les aires protégées sont confrontées depuis plusieurs années. La pression démographique, l’exploitation excessive des ressources naturelles et diverses activités humaines ont contribué à la dégradation de certains espaces, compromettant leur capacité à jouer pleinement leur rôle écologique et économique.

Prof Komla Dodzi Kokoroko (photo), ministre de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique, à l’Assemblée nationale, le jeudi 13 août 2026

Des aires protégées au service de la conservation et du développement

L’histoire des aires protégées au Togo remonte à plusieurs décennies. Les premières ont été créées entre 1937 et 1958. Le pays compte aujourd’hui 83 aires protégées couvrant environ 14 % de son territoire.

Toutefois, l’existence de ces espaces ne suffit pas à garantir leur préservation. Leur gestion doit être accompagnée d’un dispositif juridique et institutionnel solide, capable de répondre aux enjeux liés à la conservation de la biodiversité, à la prévention des dégradations et à l’implication des populations locales.

Le nouveau projet de loi entend précisément répondre à cette nécessité. Il vise à clarifier les règles relatives à la création, à l’extension, au déclassement et à la gestion des aires protégées, conformément aux dispositions de l’article 17 et l’annexe 17 de la Constitution de la Vème République. Il prévoit également une typologie et une catégorisation des aires protégées conformément aux standards internationaux.

Cette évolution devrait permettre de renforcer la cohérence du dispositif national, d’améliorer la gouvernance des espaces protégés et de favoriser une gestion plus efficace des ressources naturelles.

Mais l’ambition du texte ne se limite pas à la conservation. Il s’agit également d’inscrire les aires protégées dans une véritable dynamique de développement local. L’écotourisme, la valorisation durable des ressources naturelles et la promotion d’activités génératrices de revenus au profit des communautés riveraines devraient ainsi contribuer à rapprocher les objectifs de protection de l’environnement des préoccupations économiques et sociales des populations.

Cette approche traduit une conception renouvelée de la conservation. Il ne s’agit plus seulement de protéger des espaces naturels en les mettant à l’écart des activités humaines, mais de rechercher un équilibre entre préservation de la biodiversité et amélioration des conditions de vie des communautés qui dépendent de ces territoires.

 Une gouvernance renforcée pour garantir la pérennité des espaces protégés

La réussite de cette politique environnementale repose également sur la qualité de la gouvernance et sur la disponibilité de ressources financières suffisantes. Le projet de loi prévoit, à cet effet, la mise en place d’un cadre de gouvernance et de financement durable des aires protégées.

L’objectif est de créer les conditions nécessaires à une gestion efficace, transparente et pérenne de ces espaces. Composé de 63 articles répartis en huit chapitres, le texte entend ainsi doter le Togo d’un cadre juridique plus moderne, mieux structuré et davantage adapté aux réalités actuelles de la conservation de la biodiversité.

Son adoption pourrait contribuer à la réalisation des objectifs nationaux relatifs à l’extension de la couverture forestière, à la restauration des écosystèmes et à la préservation des ressources naturelles. Elle participerait également au respect des engagements internationaux souscrits par le Togo, notamment dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique.

Au-delà de sa portée strictement juridique, cette réforme traduit donc une vision plus large du développement. Elle consacre l’idée selon laquelle la protection de l’environnement peut constituer un véritable levier de croissance, d’innovation, de création d’emplois et d’amélioration des conditions de vie.

En définitive, la réforme du cadre juridique relatif aux aires protégées marque une étape importante dans la politique environnementale du Togo. Elle témoigne de la volonté des pouvoirs publics de faire de la préservation de la biodiversité une composante essentielle de la stratégie nationale de développement.

En renforçant la protection des espaces naturels tout en favorisant leur valorisation économique et l’implication des communautés locales, le Togo entend construire un modèle de développement fondé sur un équilibre entre croissance, cohésion sociale et préservation du patrimoine naturel. La réussite de cette ambition dépendra toutefois de l’application effective des nouvelles dispositions, de la mobilisation de financements durables et de la participation active des populations.

Ainsi, la protection de l’environnement ne saurait être considérée comme une simple obligation juridique ou une contrainte au développement. Elle constitue désormais un investissement stratégique pour l’avenir du Togo, au service des générations actuelles et futures et d’un développement plus résilient, plus inclusif et durable.

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