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Crise sécuritaire sahélienne : ACTIF à l’heure du bilan à mi-parcours à Lomé

Débuté en septembre 2025 pour prendre fin en février 2027, le Projet d’Appui aux communautés transfrontalières vulnérabilisées par l’insécurité et la fragilité (ACTIF) fait l’objet d’un atelier intermédiaire visant à faire un bilan à mi-parcours, du 8 au 10 juin 2026 à Lomé, au Togo. Une rencontre qui permettra de faire une présentation de l’état d’avancement global du projet sur les zones d’intervention, notamment en ce qui concerne les activités mises en œuvre, les indicateurs, les bénéficiaires touchés.

D’une durée de 18 mois, le projet ACTIF vise le renforcement des moyens d’existence, individuels et collectifs, dans les zones frontalières du nord du Bénin, de la Côte d’ivoire, du Ghana et du Togo. Des zones fortement affectées par la crise sahélienne.

Financé par le Centre de crise et de soutien du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et Air France, ACTIF intervient dans de l’agropastoralisme, la formation et l’insertion professionnelle et s’articule autour de trois axes d’intervention principaux.

Spécifiquement, préserver et gérer les tensions intercommunautaires, en soutenant la concertation locale, la médiation et la cogestion des ressources liées à la mobilité ; renforcer et diversifier les moyens d’existence des populations vulnérabilisées, en particulier des jeunes et des femmes, à travers la formation, l’appui aux activités génératrices de revenus et la santé animale ; améliorer l’accès équitable et durable aux ressources naturelles, par la réhabilitation d’infrastructures rurales, la mise en place de comités de gestion et la promotion d’une gouvernance partagée.

L’atelier intermédiaire de Lomé est une occasion pour les partenaires et acteurs de  faire le point sur les réalisations enregistrées à mi-parcours, de partager les expériences entre les différents pays partenaires, capitaliser les bonnes pratiques et identifier les ajustements nécessaires pour renforcer davantage l’impact de leurs interventions.

Pour Soumaila Fomba, Chargé de Programme de l’ONG Acting for Life France, en charge de la Coordination du Projet ACTIF, en initiant ce projet succédant à un autre intitulé APAC, ils veulent minimiser les conséquences de la crise sécuritaire sahélienne qui affecte les populations des pays transfrontaliers. Mieux, ils veulent « renforcer les moyens d’existence des populations bénéficiaires ».

A l’occasion, il a souligné qu’à Lomé, ils vont discuter de ce qui a été fait, de comment cela a été fait, comment cela évolue dans les différents pays afin de pouvoir ajuster pour les 9 prochains mois. « Nous allons aussi faire un bilan sur les plans technique et financier des 9 mois passés. Nous allons également mener une réflexion pour voir ce qu’il faut envisager même au-delà de la phase qui est prévue. En clair, des actions futures à mener », a fait savoir M. Fomba.

Selon Nabaguédjoa Banlepo, Président du Conseil Régional de la Région des Savanes, le projet ACTIF constitue un instrument précieux, face aux conséquences de la crise sahélienne sur les pays transfrontaliers. Pour lui, en renforçant les moyens d’existence des populations vulnérables, en favorisant la prévention des conflits liés à la mobilité du bétail et en soutenant les mécanismes locaux de gouvernance, le projet « contribue directement aux efforts du Gouvernement togolais et des collectivités territoriales en faveur de la paix durable et de la cohésion sociale ».

« Pour nous, acteurs territoriaux de la région des Savanes, la résilience ne se construit pas seulement à travers les infrastructures ou les activités économiques. Elle repose également sur la confiance entre les communautés, le dialogue entre les acteurs et la capacité collective à prévenir les tensions et à construire un avenir commun », a déclaré M. Banlepo.

Il reste convaincu que les travaux qui se dérouleront durant ces trois jours permettront de « consolider les acquis déjà obtenus » et de « renforcer encore davantage les synergies » entre les acteurs engagés pour la stabilité et le développement de leurs territoires transfrontaliers.

Ce que font des acteurs locaux du projet sur le terrain

Animatrice à l’ONG GEVAPAF à Dapaong, dans la région des Savanes Mme Dimounini Tchegli  a témoigné qu’ils ont mené plusieurs activités sur le terrain dans le cadre du projet. Ils ont fait entre autres des débats informés au niveau village, des débats informés au niveau intermédiaire. Dans le cadre du projet, ils ont fait octroi de noyaux producteurs aux déplacés, formé des journalistes sur la diffusion des messages en langues locales, renforcé les Associations villageoises de crédit et d’épargne (AVEC), vacciné les animaux, …

De son côté, Daouda Nigbinnin Soro, Coordinateur de l’Association des éleveurs de bovin de la région du Bounkom (AEBRB) en Côte d’ivoire a témoigné qu’ils ont à travers le projet ACTIF, assisté des milliers de déplacés venus du Ghana fuyant la crise sécuritaire. Au-delà de cela, ils ont mené d’autres actions, pour aider les populations en déplacement, à faire face aux différentes pressions, aux différentes charges auxquelles ils font face. Comme par le relèvement économique des populations. Ils ont mené également des actions de sensibilisation appelés techniques des débats informés niveau village qui leur permet d’anticiper sur certains situations surtout conflictuelles, notamment la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs qui est aujourd’hui un fléau.

Par ailleurs, le projet ACTIF utilise une approche territoriale et inclusive qui lui permet de relier la résilience, l’emploi et la cohésion sociale, faisant des communautés rurales des actrices clés de la stabilité et du développement durable des espaces frontaliers ouest-africains.

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