
12 octobre : Journée mondiale du rhumatisme
Rhumatismes : mieux les comprendre, mieux les prévenir, mieux vivre avec
« Rhumatisme » est un terme générique qui désigne l’ensemble des maladies touchant les articulations, les os, les muscles, les tendons et les ligaments. Elles touchent les enfants comme les adultes et les personnes âgées. Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas une fatalité liée à l’âge, et il ne s’agit pas seulement de « petites douleurs » que l’on doit supporter.
On distingue quatre grandes familles :
– Les rhumatismes dégénératifs, comme l’arthrose, qui touche surtout le genou, la hanche, la main et la colonne vertébrale.
– Les rhumatismes inflammatoires chroniques, comme la polyarthrite rhumatoïde et la spondylarthrite ankylosante, qui résultent d’un dérèglement du système immunitaire.
– Les maladies métaboliques et osseuses, comme l’ostéoporose et la goutte.
– Les affections des tissus mous et les douleurs de la colonne, comme les tendinites et les lombalgies.
Quand consulter ?
Certains signes doivent alerter : une douleur articulaire persistante, un dérouillage matinal de plus de 30 minutes, un gonflement articulaire, une fatigue inhabituelle, ou une douleur du dos qui réveille la nuit. Un diagnostic précoce change réellement le pronostic, surtout dans les rhumatismes inflammatoires, où les premiers mois sont décisifs.
Une prise en charge globale
Il n’existe pas un seul traitement, mais une stratégie personnalisée, construite avec le patient :
– Les traitements médicamenteux : antalgiques, anti-inflammatoires, traitements de fond et biothérapies pour les formes inflammatoires, traitements de l’ostéoporose, entre autres.
– Les infiltrations et les gestes locaux, dans certaines indications.
– La chirurgie, lorsque l’atteinte articulaire est avancée.
– L’éducation thérapeutique, pour que le patient comprenne sa maladie et devienne acteur de sa prise en charge.
– La rééducation et la kinésithérapie, pilier de la prise en charge.
La place de la kinésithérapie
Le kinésithérapeute accompagne le patient à chaque étape :
– Soulager la douleur (techniques manuelles, thérapies physiques, mobilisations douces).
– Entretenir la mobilité des articulations et lutter contre les raideurs.
– Renforcer les muscles, qui protègent et stabilisent les articulations.
– Corriger les postures et enseigner l’économie articulaire, c’est-à-dire les bons gestes du quotidien.
– Prévenir les déformations et le handicap, et conserver l’autonomie.
– Éduquer le patient à poursuivre seul un programme d’exercices adapté.
Bouger : le meilleur médicament
C’est le message central de cette journée : le repos prolongé aggrave les rhumatismes, alors que l’activité physique adaptée (APA) est reconnue comme un traitement à part entière. Elle a sa place à toutes les phases de la maladie.
En prévention (avant la maladie)
– Pratiquer au moins 150 minutes d’activité d’intensité modérée par semaine (marche rapide, vélo, natation, danse).
– Maintenir un poids de santé, car chaque kilo en excès alourdit la charge sur les genoux et les hanches.
– Faire des exercices de renforcement musculaire et d’équilibre, et adopter une bonne ergonomie au travail.
– Assurer un apport suffisant en calcium et en vitamine D, ne pas fumer et limiter l’alcool, pour protéger l’os.
En phase de poussée douloureuse ou inflammatoire
– Éviter l’immobilisation totale : privilégier des mouvements doux, non douloureux, pour entretenir la mobilité.
– Adapter l’intensité : réduire, mais ne pas arrêter. Le kinésithérapeute guide cette adaptation.
En phase de stabilité (maladie chronique)
– Combiner endurance, renforcement, assouplissements et exercices d’équilibre.
– Choisir des activités peu traumatisantes pour les articulations (marche, natation, aquagym, vélo, gymnastique douce, tai-chi).
– Privilégier la régularité plutôt que l’intensité.
En phase de rééducation après chirurgie (prothèse, par exemple)
– Reprendre rapidement la mobilisation sous supervision, puis progresser vers le renforcement et la reprise des activités quotidiennes.
Chez la personne âgée et en cas d’ostéoporose
– Marche, renforcement musculaire et travail de l’équilibre pour réduire le risque de chute et de fracture.
À retenir : une douleur modérée pendant l’effort est acceptable, mais une douleur vive qui persiste plusieurs heures après l’exercice doit conduire à adapter le programme. Demandez conseil à votre médecin ou à votre kinésithérapeute avant de débuter.
En conclusion
Les rhumatismes ne sont ni une fatalité ni une affaire de « vieux ». Détectés tôt, bien traités et accompagnés d’une activité physique régulière et adaptée, ils permettent de conserver une vie active, autonome et de qualité. En cette Journée mondiale du Rhumatisme, retenons un message simple : ne restez pas immobile, ne restez pas seul avec votre douleur, consultez.
Kossi Odah, Kinésithérapeute




