Société

Enquête exclusive : Iyouwebou Koutchoukalo Takouda, contrainte à l’exil du fait de son orientation sexuelle

Au Togo, aimer une personne du même sexe peut vous coûter la prison ou au pire des cas, la vie. C’est le calvaire que vit aujourd’hui Iyouwebou Koutchoukalo Takouda, dite « Rose ». Surprise par la tournure brutale des événements, contrainte de tout abandonner – famille, enfant, compagne et travail – cette citoyenne togolaise a dû prendre le chemin de l’exil. Son crime ? Son orientation sexuelle. Une affaire qui révèle la face sombre d’une stigmatisation des dirigeants et de la société.

L’histoire se répète, toujours avec la même brutalité.

En juillet 2025, alors qu’elle se trouvait en mission professionnelle à l’étranger, Iyouwebou Koutchoukalo Takouda, dite « Rose », voit sa vie basculer. En quelques heures, les informations sur son orientation sexuelle fuitent.

La mécanique de la haine se met en marche. Les commentaires hostiles pleuvent, les menaces de vindicte populaire se précisent. Mais le plus grave vient d’ailleurs.

Selon les témoignages concordants recueillis par notre rédaction auprès de ses proches, ce ne serait pas une simple fuite. La divulgation de ces informations de la vie privée serait organisée, avec la bénédiction tacite des autorités. Le but : exposer, humilier, livrer en pâture. Au même moment, sa famille restée au pays, reçoit constamment la visite des forces de l’ordre venues la chercher. Le motif invoqué : son orientation sexuelle, jugée « hors norme » et contraire à la loi togolaise.

Cette dame comprend alors qu’un retour est impossible. Au Togo, l’homosexualité est punie par le Code pénal. Celles et ceux qui s’en réclament s’exposent à la prison, aux violences physiques, à la mort sociale. Parfois pire.

En quelques jours, celle qui travaillait dans son pays, qui faisait vivre sa famille, se retrouve errante, contrainte à l’exil dans un pays étranger dont nous taisons le nom pour des raisons de sécurité.

Derrière elle, elle laisse tout : sa famille qu’elle chérissait, sa compagne et son fils mineur qu’elle a dû abandonner dans l’urgence, pour se mettre à l’abri dans un pays étranger.

Combien de « Rose » ?

La mésaventure de cette dame en question n’est pas un cas isolé. C’est le symptôme d’un mal plus profond.

Au Togo, des dizaines, des centaines de jeunes n’aspirent qu’à une chose : vivre pleinement leur orientation sexuelle, loin du regard inquisiteur de la société et de la rigueur de la loi. Mais ils se taisent. Par peur de représailles. Par peur de finir comme Rose : bannis de leur propre terre.

Jusqu’à quand devra-t-on contraindre des citoyens à choisir entre leur patrie et leur intimité ? Jusqu’à quand l’appareil d’État continuera-t-il de s’immiscer dans la vie privée pour stigmatiser, pourchasser et pousser à l’exil une minorité silencieuse dont le seul tort est d’aimer différemment ?

Quel avenir pour Iyouwebou Koutchoukalo Takouda, aujourd’hui sans repère, jetée sur les routes de l’exil ?

Cette affaire mérite une attention particulière. Elle est une alerte. Et elle ne doit pas finir en drame.

Par ailleurs, au Togo, l’homosexualité est punie par la loi, ou mieux encore, aucun droit n’est reconnu à toute personne se réclamant de la communauté LGBTQ+.

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