
Le Togo vient de lancer un Club de partenariat public-privé (PPP). Officiellement lancée à Lomé le 3 septembre 2026, l’initiative intervient en marge d’une conférence consacrée aux contrats de partenariat public-privé, organisée par le ministère de l’Économie et de la Veille stratégique et le ministère délégué chargé de la Promotion des investissements.
Lancé par le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, le Club PPP se veut une plateforme de dialogue et de mise en relation entre les acteurs publics et privés. Il réunit notamment l’État et les collectivités territoriales, les entreprises, les banques et investisseurs, les fonds d’investissement, les cabinets juridiques et financiers, les experts en PPP ainsi que les partenaires techniques et financiers.
L’objectif de ce Club est de favoriser l’émergence, la structuration et la réalisation de projets susceptibles d’être développés conjointement par le public et le privé. Le dispositif doit également permettre d’anticiper les différentes étapes de préparation des projets et de faciliter leur financement.
Un cadre pour mieux préparer les projets
Pour le ministre délégué chargé de la Promotion des investissements, Arthur Lilas Trimua, la création de ce cadre est nécessaire pour renforcer la compréhension et la préparation des projets PPP.
« Dans un PPP, le privé doit être associé au financement, à la conception, à la construction, à l’exploitation et à la maintenance, avec un partage des risques », a-t-il expliqué. Le Club doit ainsi servir de cadre de discussion entre les différentes parties prenantes afin de mieux préparer les projets et d’anticiper les contraintes liées à leur mise en œuvre.
Dans le cadre de cette initiative, le Togo entend notamment s’inspirer de l’expérience du Club PPP MedAfrique et mobiliser l’expertise de Michel Sapin, ancien ministre français de l’Économie et des Finances sous la présidence de François Hollande.
Avant le lancement officiel, plusieurs tables rondes ont réuni des membres du gouvernement, des banquiers, des investisseurs et des partenaires au développement. Les échanges ont notamment porté sur le rôle des PPP dans la nouvelle politique de développement du Togo ainsi que sur les modèles de PPP marchands et non marchands pour le développement des infrastructures.
Un instrument de discipline budgétaire
Pour Badanam Patoki, le recours aux PPP ne doit toutefois pas être assimilé à un mécanisme permettant de contourner les contraintes budgétaires ou de masquer l’endettement public.
« Le PPP n’est ni un artifice comptable pour dissimuler l’endettement réel, ni une formule pour engager des dépenses futures hors budget », a-t-il déclaré. Il y voit plutôt « un instrument de rigueur et de responsabilité partagée », fondé sur une évaluation du rapport qualité-prix des projets et un partage équilibré des risques entre l’État et l’opérateur privé.
Avec ce nouveau dispositif, le Togo entend renforcer le recours aux PPP pour financer et réaliser certains projets structurants dans le cadre de sa stratégie de transformation économique.
Le pays dispose déjà d’une expérience dans ce domaine, avec par exemple la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), la centrale solaire de Blitta et la centrale thermique Kekeli Efficient Power. Plus récemment, le projet de construction de la Cité ministérielle à Lomé a également été conçu selon un schéma de partenariat avec le secteur privé.
Avec Togofirt




