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Togo : La formation accrue des ingénieurs, un pari avantageux pour le pays

Au Togo, l’ingénieur est l’un des visages les plus recherchés du développement. Pour suivre le rythme des ambitions industrielles et technologiques du pays, les pouvoirs publics redessinent le paysage de la formation scientifique et technique à coups de réformes, de nouveaux programmes et d’investissements.

Les autorités orientent une part croissante des efforts vers la formation scientifique et technique, avec l’idée simple qu’aucune ambition industrielle ne peut tenir longtemps sans compétences solides pour la porter. Ce choix de l’exécutif est appelé à produire des effets concrets sur l’économie nationale.

Il favorise l’accélération de l’industrialisation, notamment à travers le fonctionnement et l’extension de zones comme la Plateforme industrielle d’Adétikopé, réduisant le recours à des compétences étrangères. Enfin, il contribue à améliorer l’insertion professionnelle des jeunes diplômés, au regard des taux déjà observés dans les filières techniques.

Stella pour accélérer la montée en compétence

Le lancement en avril 2026 du projet Science, technologie et éducation pour le leadership depuis Lomé pour l’Afrique (Stella), à l’université de Lomé, vient accélérer cette orientation. Financé à hauteur de 13 milliards de francs CFA, le programme prévoit la formation de plus de 2 000 ingénieurs entre 2026 et 2030.

Les autorités universitaires souhaitent rapprocher davantage les formations des réalités du marché de l’emploi, dans un contexte où les entreprises recherchent des compétences de plus en plus spécialisées.

Les filières liées à l’énergie, au BTP, aux technologies de l’information et à l’agro-industrie devraient être particulièrement renforcées. Un site moderne de 5 hectares doit également être aménagé au sein de l’université de Lomé afin d’accueillir de nouveaux équipements technologiques et des espaces d’apprentissage adaptés aux exigences actuelles. La professionnalisation des cursus figure parmi les priorités annoncées, tout comme l’amélioration de l’insertion des diplômés dans le monde du travail.

Des formations tournées vers les besoins des entreprises

Depuis quelques années déjà, le Togo investit progressivement dans les métiers techniques et industriels afin d’anticiper les besoins d’une économie en mutation. Plus de 32 000 jeunes ont été formés dans des domaines comme le génie civil, l’électrotechnique, la mécanique ou l’agro-industrie. Les formations techniques affichent aujourd’hui un taux d’insertion professionnelle supérieur à 70 %, preuve de l’intérêt croissant des entreprises pour ces profils.

Les Instituts de formation en alternance pour le développement et le Centre de formation aux métiers de l’industrie participent largement à cette évolution. Au CFMI, les formations sont élaborées en tenant compte des besoins exprimés par les entreprises installées sur la Plateforme industrielle d’Adétikopé. Plusieurs diplômés travaillent déjà dans les unités industrielles implantées sur le site, où les besoins en techniciens et en spécialistes de la maintenance continuent d’augmenter.

L’université de Lomé poursuit également le développement du Fact Center, un centre régional d’excellence en agro-industrie et automatisation industrielle. Le projet prévoit l’installation de 32 laboratoires et ateliers technologiques à Lomé et Kara afin de préparer des ingénieurs capables de maîtriser les technologies industrielles modernes et les nouveaux outils de production.

L’École nationale supérieure d’ingénieurs de Lomé demeure l’un des principaux centres de formation scientifique du pays. Génie civil, électrotechnique, informatique et télécommunications comptent parmi les spécialités proposées aux étudiants. Les formations associent enseignements théoriques, travaux pratiques et stages en entreprise afin de maintenir un contact permanent avec les réalités professionnelles.

Encourager davantage de jeunes filles vers les sciences

La place des femmes dans les filières scientifiques et techniques fait aussi l’objet d’une attention particulière. Le Programme de l’excellence académique, du leadership et de l’employabilité a déjà soutenu 794 des meilleures élèves à travers le pays.

Dans les filières techniques et industrielles, 145 bourses ont été attribuées à des jeunes filles afin d’encourager leur présence dans des secteurs encore peu féminisés.

Le secteur de l’éducation mobilise aujourd’hui plus du quart du budget national et près de 14 milliards de francs CFA seront consacrés en 2026 à l’enseignement technique et à la formation professionnelle. Dans un pays engagé dans une phase d’industrialisation progressive, la formation des ingénieurs apparaît désormais comme l’un des leviers essentiels pour soutenir durablement la croissance et la modernisation de l’économie.

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