En attendant les fameuses recommandations de sortie de crise prévues le 31 juillet 2018, les Togolais retiennent leur souffle pendant que le monde politique national semble avoir remis le sort du pays entre les mains de la CEDEAO. Pour sortir de cette apathie des politiques et de l’étouffante anémie démocratique, cette lettre ouverte propose de refonder endogènement une politique du commun au Togo. La lettre ouverte, adressée une fois n’est pas coutume à toute la classe politique togolaise, est soutenue par dix personnalités - écrivains, politistes, journalistes ainsi que des acteurs de la société civile- résidant au Togo, en Afrique, en Europe et en Amérique du Nord. À travers ce plaidoyer pour un « gouvernement de consolidation démocratique », il s’agit de transcender les antagonismes immédiats pour encourager la mise en place d’un périmètre d’action politique permettant de recréer les conditions d’une compétition politique juste et consensuelle. Il est clair qu’une sortie durable de la résolution de la crise actuelle nécessite un partage du pouvoir. Deux modèles s’offrent au choix : un gouvernement inclusif peu ou prou consensuel ou un gouvernement exclusif beaucoup plus conflictuel. Là passe également la ligne de partage entre le modèle du « gouvernement de consolidation démocratique » et celui du gouvernement de transition. Sans naïveté, cette lettre ouverte appelle à un accord prudentiel pour tenter de sauver le pays du naufrage politique qui menace l’être-ensemble togolais. Merci à vous tous personnellement de faire vivre la liberté d’expression en relayant la diversité des opinions au Togo.
